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Jésus et Marie

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Dans le Coran, on peut lire :

« Nous avons fait de Jésus et de sa mère un symbole » (XXIII,50)

« Souviens-toi de celle restée vierge en sorte que nous soufflâmes en elle de Notre Esprit que nous fîmes d’elle et de son fils un miracle mémorable pour le monde . » (XXI,91)


JESUS
(Que Dieu le salue)

Sa conception et son statut

« ..Nous ferons de lui un Signe pour les hommes ; une miséricorde venue de nous. Le décret est irrévocable.. »

Selon un décret irrévocable, Jean -qui annonçât Jésus- est né de parents stériles, de même la conception de Jésus par une vierge est l’expression de la Toute Puissance et de la Miséricorde divines qui s’exercent en des temps et selon des modalités connus de lui Seul. La création des univers n’est-elle pas tirée du néant ? Adam n’avait ni père, ni mère. Les abeilles naissent par parthénogenèse ; aujourd’hui, on peut naître « in vitro » ; A la Toute Puissance, selon Sa Volonté suprême, rien n’est impossible, et le lien entre la Parole créatrice : « sois » ( « kun ! ») et toute naissance est évidente, comme l’atteste ce verset : «…. Il dit : « Dieu créé ce Qu’Il veut, lorsqu’Il a décrété une chose, Il lui dit : « sois ! » et elle est ». (III,47)

Muhammad (saws) avait, d’après les anales de Tabari, adressé cette lettre au Négus chrétien d’Abyssinie : « Je confesse que Jésus, fils de Marie est l’Esprit d’Allah et Son Verbe qu’il jeta en Marie, la Vierge, la Sainte, la Pure. Elle connût alors Jésus qu’Allah créa de Son Esprit et y insuffla la vie comme Il créa Adam de Ses Mains et y insuffla la vie. Oui, il en est de Jésus comme d’Adam auprès de Dieu : Dieu l’a créé de terre, puis Il lui a dit : « sois » et il est » confirmant la Parole Coranique (III, 47 et III,59) et éclairant l’autre Parole coranique traitant de la prosternation des anges devant l’Homme dans son aspect de perfection.

Dans le coran, Jésus (‛Isâ) est l’Envoyé de Dieu (Rasûl Allah) (IV,157 ; LXI,6), Esprit émanant de Lui (Rûh Allah) – (IV,171), Parole de Vérité (XIX), Son Verbe projeté en Marie, Son Serviteur et adorateur (Abd’Allah) – IV,172 et XIX,30) et enfin le Messie (Al Massih) ; Son pouvoir miraculeux est exceptionnel : de son souffle une forme d’argile devient oiseau véritable ; il guérit l’aveugle et le lépreux ; il ressuscite les morts (III,48-52) ; il parle au berceau. La Ve sourate est intitulée « la table servie » en référence à la Cène.

La Voie

« Je suis, en vérité, le serviteur de Dieu. Il m’a donné le Livre ; il a fait de moi un Prophète ; Il m’a béni, où que je sois. Il m’a recommandé la prière et l’aumône -tant que je vivrai- et la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent, ni malheureux. Que la Paix soit sur moi, le jour où je naquis ; le jour où je mourrai ; le jour où je serai ressuscité. » (XIX,30-32)
L’action rituelle sacrée de la prière et de l’aumône sous tend la pureté de cœur en une parfaite adoration : c’est la première étape du chemin spirituel dans la condition de parfaite servitude à l’égard de Dieu. Cette pureté confère la Paix (as-Salâm).

L’heure dernière

La première venue de Jésus en tant que « Rasûl Allah » (Envoyé de Dieu), est porteur d’une nouvelle forme traditionnelle préfigurant l’Heure ; sa seconde venue en tant que « Al Massih » (Le Messie) doit accomplir l’Heure.
« …. Jésus est, en vérité, l’annonce de l’Heure…..» (XLIII,57)

Il est dit que Jésus mettra en déroute l’Antéchrist, ad-dajjâl, cet imposteur borgne qui dans la méconnaissance de la réalité spirituelle de l’homme portera à son paroxysme la tromperie du monde et qui apportera ainsi une vision du paradis qui sera en réalité l’enfer et une vision de l’enfer qui sera en réalité le paradis, et dont le terme sera marqué par de grands événements chaotiques et une crise spirituelle profonde.

« L’heure dernière ne viendra pas tant que Jésus, fils de Marie, ne descendra pas parmi vous » a dit le Prophète (saws).

Mais le Christ de la Parousie n’est pas encore venu ; c’est pourquoi Jésus en Islam, appartient à Dieu. Le principe-christ, c’est l’Esprit de Dieu, toujours vivant mais occulté, dont la parole coranique en contient, en conserve et en transmet providentiellement la présence.
Jésus dit : « Craignez Dieu et obéissez-moi ! Dieu est, en vérité, mon Seigneur et votre Seigneur : servez-le : c’est là le chemin droit » (III, 50-51)

Jésus musulman

Il est important de souligner et de comprendre que Jésus fait partie intégrante de la révélation islamique : il n’est pas la propriété exclusive des chrétiens. L’Islam, au titre de dernière révélation, étant une récapitulation de ce qui a précédé et un rappel de l’Heure (que Jésus avait déjà annoncée), le Jésus de l’Islam n’est pas issu du christianisme mais, au contraire, c’est précisément ce dernier qui est issu du Christ, de même que le Christ appartient à Dieu. Les saints musulmans pouvant hériter des messagers antérieurs par l’intermédiaire de la fonction totalisante du Prophète Muhammad (1) qui est l’Océan de Miséricorde où chacun peut s’abreuver, nombreux saints musulmans ont une affinité spirituelle christique. Si l’on prend l’exemple du Cheikh Ahmad al’Alawi , sa ressemblance même physique avec les représentations du Christ est frappante. (2) Cette expression de la proximité d’une station spirituelle d’une présence divine dans le Christ, (Maqâm ‘Isa) fait partie intégrante de La Voie Muhammédienne. Et si le Jésus musulman semble différent du Jésus dit « chrétien », c’est qu’en Islam, il n’est pas situé dans son historicité mais restitué en Dieu dans son Unicité.
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(1) Lors des funérailles de rûmi, musulmans, chrétiens et juifs se pressaient autour de son cercueil en chantant leur propre modes de glorification. Quand le Sultan demandât aux juifs et aux chrétiens pourquoi ils honoraient ainsi un musulman, ils répondirent « En le voyant, nous avons compris la vraie nature de Jésus, de Moïse et de tous les prophètes. »
(2) Lire « un saint musulman du XXe siècle » Martin Lings et voir sa photo sur
www.tasawuf.ws/fr

Calligraphie : Par le Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.


 

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Sourate coranique « Maryam » (Marie)

MARIE (Que Dieu la salue)

Marie, Maryam en langue arabe, -seul prénom féminin explicitement désigné dans le Coran- est choisie entre toutes les femmes de l’univers (III,42-44). Selon la Tradition, Muhammad (saws) a dit : « La Dame (syyida) des femmes des mondes, c’est Maryam..» (1)
Le symbole de la virginité de Marie est renforcé en ce qu’elle donne la généalogie à Jésus, selon l’expression récurrente de « fils de Marie », alors que selon la coutume sémitique, un fils se réfère toujours à son père. L’immaculée conception fut donc proclamée un millénaire avant que le dogme ne soit proclamé dans l’Eglise (en 1854).

La XIXe sourate s’intitule « Maryam »

« Mentionne Marie, dans le Livre. Elle quitta sa famille et se retira en un lieu vers l’Orient.

Elle plaça un voile entre elle et les siens. Nous lui avons envoyé notre Esprit : il se présentât devant elle sous la forme d’un homme parfait.

Elle dit : « Je cherche une protection contre toi, auprès du Miséricordieux ; si, toute fois, tu crains Dieu ! »

Il dit : « je ne suis que l’envoyé de ton Seigneur pour te donner un garçon pur »

Elle dit : « C’est ainsi : Ton Seigneur a dit : Cela m’est facile. Nous ferons de lui un signe pour les hommes ; une miséricorde venue de nous. Le décret est irrévocable » (XIX, 16-21)

« Elle devint enceinte de l’enfant puis elle se retira avec lui dans un lieu éloigné. Les douleurs la surprirent auprès du tronc du palmier. Elle dit : « Malheur à moi ! Que ne suis-je déjà morte, totalement oubliée ! »

« L’enfant qui se trouvait à ses pieds l’appela : « Ne t’attriste pas ! Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds. Secoue vers toi le tronc du palmier ; il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange, bois et cesse de pleurer. Lorsque tu verras quelque mortel, dis : « j’ai voué un jeûne au Miséricordieux ; je ne parlerai à personne aujourd’hui »

Elle se rendit auprès des siens en portant l’enfant. Ils dirent : « O Marie ! Tu as fait quelque chose de monstrueux ! O sœur d’Aaron ! (2) Ton père n’était pas un homme mauvais ta mère n’était pas une prostituée »

L’éloignement de Marie est l’exode nécessaire impulsé par Dieu à ses élus en tant que modèles de servitude parfaite. Il en a été ainsi pour Agar, servante de Sarah, épouse d’Abraham et mère du peuple arabe qui sera finalement secourue par l’Ange. C’est le cas aussi du Prophète (saws) qui pendant sa retraite sera visité par l’Ange. C’est dans ce dénuement qu’à l’Orient, symbole de Lumière, a lieu l’apparition de l’ange Gabriel appelé à transmette la parole et l’esprit divins. C’est Rûhunâ, l’Esprit de Dieu. Et c’est lui qui est insufflé à la Vierge Marie par l’ange manifesté sous la forme d’un homme parfait comme seul un réceptacle immaculé et cristallin est digne de le recevoir. Marie la pure craint Dieu, elle prononce « a’udhu birRahmâni » (je me réfugie auprès du Miséricordieux) : elle prend protection contre le danger d’une intention qui serait entachée : moyen purificateur nécessaire avant de pouvoir exprimer la parole divine (C’est dans cet esprit et non par hasard que tout musulman est tenu de prononcer la parole de protection avant toute lecture du Livre Saint.)
Mais on n’enfante pas sans douleurs : recevoir la grâce ne se fait pas sans mourir à une vie nouvelle. Telle l’eau du ruisseau qui jaillit du lieu le plus bas, à ses pieds, la vraie connaissance ne s’obtient qu’avec humilité : elle en reçoit les fruits dans l’injonction de manger et de boire. Par son jeûne, elle se rend totalement réceptive. La Présence du Verbe divin impose le silence « je ne parlerai aujourd’hui à aucun être humain ». Quand son peuple lui reproche sa maternité, elle désigne l’enfant sans mot dire. Lui seul, en tant que Verbe, a le pouvoir de témoigner.

Marie, femme parfaite, idéal féminin de perfection, aspect féminin de la Présence divine est la Mère, matrice de la Sagesse. Elle symbolise l’âme du contemplatif qui réalise la naissance universelle du Verbe en son cœur. Pour en être le réceptacle, il faut être vierge et pure ou encore pauvre et vide.

L’âme purifiée est comparée par Rûmi -et par d’autres- à la Vierge Marie -Que Dieu la salue-
« Lorsque la parole de Dieu pénètre dans le cœur de quelqu’un et que l’inspiration divine emplit son cœur et son âme, sa nature est telle qu’alors est produit en lui un enfant spirituel ayant le souffle de Jésus qui ressuscite les morts. L’appel de Dieu, qu’il soit voilé ou non, octroie ce qu’il a octroyé à Maryam » . Le cœur pur reflète la beauté et la perfection divine.

Le « miracle mémorable » de Jésus et de sa mère est une extériorisation de certains aspects intérieurs de la Tradition Abrahamique, preuve du « Trésor ». Cet aspect prophétique axé sur l’esprit de sainteté, a un lien direct avec le retour de Jésus ; il est une préfiguration du « retournement » qui marquera le triomphe de la Lumière sur les Ténèbres. « … Dieu parachèvera Sa Lumière quelque soit le dépit des dénégateurs » (Coran).
L’Islam, esprit de Vérité, est l’Arche qui en conserve la quintessence.
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(1) Le Prophète (saws) a dit : « La meilleure des femmes au monde a été Marie ; la meilleure des femmes de ma Communauté a été ma première Épouse Khadîja.» (Rapporté par Al-Bukhari).
Et aussi : « Les éminentes femmes du Paradis sont Marie, fille de Imran, Assia, fille de Mezahem, femme de Pharaon. Khadîja, fille de Khuwaylid, et Fâtima, fille de Muhammad. » (Rapporté par Ahmed et Hakim). 

(2)  Sayyida Maryam [Notre Dame Marie] – ‘alayha-s-salâm – est dans ce verset désignée par « sœur d’Aaron » (ukht Hârûn).  Aaron étant le frère de Moïse et Marie la mère de Jésus (correspondant à des époques très éloignées –plus d’un millénaire-… ce que Dieu et son Prophète (saws) savaient pertinemment.), cette désignation -qui n’est pas à prendre littéralement-, est traditionnellement expliquée par la filiation spirituelle (et non individuelle : corporelle et psychique) de Marie à la famille d’Aaron (âli Hârûn).
Al-Mughîra ibn Shu’ba raconte : « Le Prophète (sur lui la paix) m’envoya à Nadjran [Yémen]. Là-bas on me dit : « Vous récitez ce passage : « O Sœur de Aaron » [Coran 19/28] ; pourtant, entre l’époque de Moïse et celle de Jésus il y a eu le temps que chacun connaît ! » Je n’ai pas su quoi leur répondre. Lorsque je rentrai (à Médine), je questionnai le Prophète à ce sujet. Il me dit : « Tu les aurais informés qu’ils se donnaient comme noms ceux des prophètes et des pieux ayant vécu avant eux. »" (rapporté par Muslim,  At-Tirmidhî, Ahmad).
C’est d’ailleurs l’habitude qu’avaient les juifs de se donner les noms des prophètes et des hommes qui se tenaient sur la même voie de piété. Ce qui confirme que Marie était de la même lignée spirituelle que la  famille d’Aaron, ancêtre d’Isaac et de son père Abraham.

Ceux-là sont ceux que Dieu a comblés de Ses grâces parmi les prophètes de la descendance d’Adam, parmi ceux que Nous avons portés dans l’Arche avec Noé, parmi la descendance d’Abraham et d’Israël, et parmi ceux que Nous avons dirigés et que Nous avons élus. Lorsque les versets du Miséricordieux leur étaient récités, ils tombaient prosternés en pleurant.” (Coran sourate Maryam (Marie) -19, 58-)

Notons que le nom « Aaron », “arôn”en hébreu, désigne un coffre, c’est à dire l’arche. Aaron est donc une personnification de l’Arche d’alliance.  (voir Coran 2, 248) A ce titre, il existe entre Marie et Aaron une relation liée au type de guidance spirituelle qu’ils ont reçus, elle-même liée à la Tradition primordiale.

 


 

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