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L’Islam Africain

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La conquête des cœurs.

S’il est un continent où l’Islam n’a cessé de progresser, et ce malgré les moyens considérables déployés par les missionnaires chrétiens, c’est bien l’Afrique et plus particulièrement l’Afrique noire.

Certains veulent y voir un effet de subsides saoudiens [1], de la simplicité du dogme islamique et de son acceptation de la polygamie. Dans ces explications, s’il peut y avoir un soupçon de vrai, la réalité est bien plus essentielle. Le plus souvent, c’est le mode de vie, l’abnégation et le savoir de modestes marchands musulmans arpentant inlassablement les routes de la brousse et reliant les villages qui forcent l’admiration des habitants ; ils savent reconnaître en eux les instruments de la grâce divine, les « porteurs de baraka, influence spirituelle provenant d’un Cheick de confrérie ».
De multiples conversions s’opèrent ainsi très naturellement enracinant profondément l’Islam dans le sol Africain. Il faut dire que la mentalité africaine a gardé un sens du sacré et une soif de spiritualité qui fait souvent défaut à ceux qui leur renvoie l’image d’une civilisation sécularisée.

« L’Islam pour sa part, se présente à l’Africain avec sa capacité d’englober la totalité de son existence tout en préservant la spécificité de sa culture, et cela en débarrassant ses rapports avec Dieu de tous les intermédiaires que sa religion précédente avait accumulés. Car il est moins lié à une civilisation définie que le Christianisme l’est en fait, et, en se faisant musulman, même s’il apprend l’arabe pour dire les prières et lire le Coran, l’Africain ne s’arabise pas pour autant.

Si l’Islam n’impose pas une civilisation, on pourrait dire plus justement qu’il suscite la création d’une civilisation chaque fois qu’il opère, comme l’histoire en offre déjà plusieurs exemples, une synthèse entre, d’une part, ses valeurs spécifiques indispensables et, d’autre part, tout ce qui, dans un ensemble ethnique et culturel donné, est compatible avec elles et peut être « islamisé ». C’est ainsi qu’est progressivement éclos l’ « Islam noir » qui est venu prendre sa place, et l’affirme toujours davantage, dans l’ensemble de l’Umma, la communauté musulmane mondiale, où voisinent ces autres grandes familles ethno-culturelles que sont, par exemple, l’Islam arabe, l’Islam indo-persan, l’Islam turc ou l’Islam malais.

La conversion de tant de populations africaines prend évidemment, dans l’optique musulmane, un aspect providentiel et conforme au dessein divin. Il est vrai que l’Islam leur offre, pour affronter les tourments et vicissitudes du temps, une base plus consistante et plus stable que les anciennes religions d’influences d’ordre psychique, ou même que le christianisme, catholique ou protestant, qui, dans le contient africain, tend si facilement à se disperser dans des sectes et à s’y dissoudre. Le Africains eux-mêmes, en devenant musulmans, donnent à leur tempérament spirituel généreux une possibilité de s’épanouir selon une modalité qui représente un aspect authentique de l’Islam, et, en quelque sorte, vient en parfaire l’universalité. » [2]

Le Mali

Occupant le territoire de ce qui était appelé le Soudan français, le Mali est le bastion de cet Islam. « Il se veut l’héritier de l’ancien empire du Mali qui, du XIIIe auXVe siècles, avait été l’un des plus puissants d’Afrique occidentale dont il amorça l’islamisation. Le nom de Tombouctou, qui en fut le principal centre commercial, culturel et religieux, est resté évocateur de cette civilisation islamo-africaine qui s’y élabora et fut promise à une expansion que rien, depuis lors, même pas les pouvoirs coloniaux, n’a vraiment pu arrêter. »Et depuis 1960, date de son indépendance, et malgré l’importation d’idées marxistes, il est resté fidèle à son héritage et nul n’a pu en freiner l’étendue et l’influence.

Peut-on parler du Mali sans évoquer le rayonnement de Tierno Bokar, ce grand maître spirituel de la première moitié du vingtième siècle, nommé le Sage de Bandiagara ? Il fut un véritable homme de Dieu, selon les termes de Théodore Monod qui admirait ses vertus de charité et d’humilité, et l’avait comparé à un « Saint François d’assise africain ». L’écrivain malien Amadou Hampaté Bâ lui a consacré une belle et attachante biographie fort utile pour comprendre la réalité du soufisme et le rôle des confréries dans l’Islam africain. [3]

L’Islam africain est tellement imprégné de spiritualité qu’il est majoritairement imperméable aux divers courants réformistes musulmans contemporains dont le formalisme et la rigidité d’esprit ne peuvent rassasier la ferveur de son âme. Cette assertion peut encore être appuyée par l’exemple du Sénégal dont l’islamisation est à mettre à l’actif de grandes figures spirituelles parmi lesquelles le cheikh El Hadji Malick Sy. Sur le sujet et le personnage, voici un large extrait de l’article écrit par Bakary Sambe [4] édité sur le site oumma-com [5] :

Cheikh El Hadji Malick Sy et l’islamisation du Sénégal

« Nous voulons revenir sur le rôle important joué par une grande figure de l’islam au Sénégal, Cheikh El Hadji Malick Sy, dans le processus d’islamisation de la société sénégalaise où la religion musulmane est aujourd’hui celle de 95 % de la population.
Ce personnage retient notre attention au regard de sa stratégie basée sur une démarche pacifique et surtout l’enseignement des principes de l’islam à travers la confrérie Tijaniyya dont il est le grand pionnier en pays wolof.

Pour mieux situer son action, il semble important de passer en revue les différentes étapes du processus d’islamisation et voir comment il a pu contourner tous les obstacles politiques et culturels pour assurer ce qu’il est convenu d’appeler l’islamisation en profondeur de la société.
Sa particularité, comme on le verra, sera de tout faire pour implanter des écoles et des lieux de culte à travers le pays, de manière pacifique mais efficace sans avoir besoin de passer par une lutte armée contre l’Administration coloniale française. [...]

Rappelons que, très tôt, contrairement à ce que laisse présager une certaine version européenne de l’histoire de l’Afrique, les peuples du Sud du Sahara sont entrés en contact avec ceux du Maghreb par le commerce transsaharien. Cette période va susciter controverses et débats historiques. [...]

C’est grâce aux confréries religieuses (turuq sûfiya) que l’islamisation de l’Ouest africain connaîtra sa véritable ampleur plus que par toute autre activité guerrière pour lesquelles la religion ou sa propagation ne fut qu’un objectif secondaire.

Il est vrai que l’histoire des rapports arabo-africains constitue un domaine où la tradition universitaire occidentale n’a brillé que par sa négligence voire son retard lorsque l’on sait que le premier émissaire européen, René Caillé, n’arrivera à Tombouctou qu’en 1827, huit siècles après Al-Bakrî ! » [6]

Toutefois, l’hypothèse d’une islamisation massive de l’Afrique par le sabre des conquérants arabes ne fait que s’affaiblir devant de plus en plus d’évidences historiques telles que le caractère élitiste de l’islam à ses débuts, en terre africaine. Nous voulons dire que la vraie propagation de l’islam au sens d’une vulgarisation, est des plus récentes.

Ca Da Mosto, voyageur portugais qui sillonna cette région de 1455 à 1457, faisait mention de la présence de quelques lettrés Arabes dans la cour du roi du Djoloff, enseignant l’islam aux princes et aux membres de la cour.

Le fait, au-delà de son caractère singulier, s’inscrit dans cette idée directrice selon laquelle l’islam, propagé dans cette région à l’aube du XV ème siècle, n’avait encore de réceptacle que parmi les couches privilégiées et lettrées des sociétés africaines ; ce qui explique en partie, encore aujourd’hui, son caractère très hiérarchisé avec ses marabouts et leurs disciples.

En résumé, ce ne sont ni les conquêtes Almoravides ou des sultans marocains, ni la présence et l’action de ces lettrés arabes au message plutôt tournée vers l’élite politico-sociale, qui, à elles seules, firent de l’islam la religion des 90 à 95 % des Sénégalais.

Une islamisation multidimensionnelle :

Au-delà de ces événements historiques marquants que sont les conquêtes, il s’est opéré, par la suite, une islamisation en profondeur, qui a ancré cette religion monothéiste venue de la Péninsule arabique dans des sociétés où elle s’est progressivement substituée à celles des ancêtres et de leurs dieux. C’est d’ailleurs, dans ce fait fondateur qu’il faudra chercher l’origine de ses spécificités qui font le substrat de l’islam noir entendu comme l’expression propre aux noirs africains de la religion du Prophète.

Les confréries vont jouer un rôle déterminant dans cette islamisation en profitant du terrain balisé – quelques fois malgré lui – par le colonialisme français. Par le rejet d’une domination coloniale dans sa dimension culturelle, les Africains ont quelques fois eu recours à l’adoption du dogme islamique en ce qu’il était en même temps une auto-aliénation opposable à la volonté d’assimilation de l’indigène au cœur du projet colonial. C’est dans ce fait paradoxal que se trouverait l’explication des spécificités de l’islam africain….

Entrées au Sénégal par le biais du commerce et des voyageurs, les confréries ont joué un rôle moteur dans l’islamisation du pays grâce, d’une part, à leur caractère pacifique et de l’autre en ce qu’elles s’adaptent mieux au mode de fonctionnement propre aux sociétés africaines.

Deux confréries entreront très tôt au Sénégal par les routes du commerce et du pèlerinage : la Qâdiriyya et la Tijâniyya. [...]

Le cas particulier d’El Hadji Malick Sy ou l’islamisation décentralisée

Il est né vers 1855, à Gaya (dans le Walo, région du fleuve Sénégal), et eut tôt fait de mémoriser le coran et d’assimiler les savoirs islamiques avant d’être initié au wird de la Tarîqa Tijâniyya dès l’âge de 18 ans.

Nous voulons, ainsi, nous intéresser à la manière dont Seydi El Hadji Malick Sy a su déjouer le plan d’assimilation culturelle mis sur pied par la colonisation française tout en préservant la paix sociale, le dynamisme propre à l’esprit de l’islam ainsi que les enseignements fondamentaux de la confrérie Tijâniyya.

La colonisation a eu d’énormes conséquences sur le plan social et politique. De la traite négrière à la conquête coloniale, on ne peut douter des bouleversements qui ont secoué la société sénégalaise et de leurs incidences sur son système de valeurs.

D’autres parlent sans nuances, des conséquences nuisibles qu’a produites la rencontre entre des sociétés anté-capitalistes (l’expression est d’Aimé Césaire) avec l’expression la plus brute d’une mentalité de profit : le colonialisme.
Le tissu social aura du mal à se remettre de la déstructuration brutale de la société et de ses modes d’organisation.

L’ « ordre colonial » qui, pour l’indigène était synonyme d’exploitation, de travail forcé, ne permettait plus à la société dominée de suivre une évolution tenant compte de ses réalités et spécificités.

L’Administration française, bien que continuant son oeuvre de pacification de l’intérieur du pays, s’attachait plus aux villes : centres économiques et culturels vitaux qui demeuraient un véritable enjeu pour l’Empire colonial.

Dans le cadre de sa résistance « passive et culturelle », El Hadj Malick Sy aura d’ailleurs compris cette stratégie et s’intéressera aux villes où la Tijâniyya compte, encore aujourd’hui, la majorité de ses disciples. Comme le soutient Iba Der Thiam, la colonisation est à la fois « une entreprise d’occupation territoriale, de domination politique et d’aliénation culturelle »[7]…

Le cheikh n’aura pas la tâche facile car la société urbaine à laquelle il s’adressa, était depuis plusieurs décennies traversée par de très profondes crises. Reprenons à ce propos la description qu’en fait Rawane Mbaye [8]« Cette société était éclatée, désarticulée, rongée qu’elle était par le virus de la méfiance et parce que la solidarité du groupe avait peu à peu volé en éclats, l’individualisme y faisait une apparition de plus en plus marquée ».

Rawane Mbaye poursuit en attribuant cet état de crise à tous ces maux qu’il énumère : « Avec le travail forcé, l’indigénat et son régime de sanctions disciplinaires, les chefs de cantons et les commandants de cercles, vivant d’abus du pouvoir et d’autoritarisme gratuit, avec l’impôt et la circonscription militaire et l’introduction de valeurs, de normes de vie, de règles de droit et d’une langue étrangère, les populations violentées, terrorisées, insécurisées, avaient fini par perdre tout sens de l’initiative, toute volonté de concevoir des structures, de tout envie d’imaginer des projets d’avenir ».

[...] Il (El Hadj Malick Sy) a fait de la pratique de l’islam et de la vie confrérique la base de sa résistance « passive » visant à redynamiser cette société à laquelle plusieurs décennies de colonisation avaient comme l’affirme Césaire [9] « Savamment inculqué la peur, le complexe d’infériorité et l’agenouillement ».

La notion de résistance passive ou par la religion a certes de quoi surprendre en Occident, mais El Hadj Malick Sy semble avoir réussi cette mission en inscrivant la pratique religieuse dans une perspective sociale et socialisante.

Autrement dit, il a su développer une conception « positive » de la religion au sens où l’entend Auguste Comte. Comme tout « prophète », il s’attaque aux maux de la société qui ont pour noms souffrance et injustice auxquels il opposera un message de paix et d’amour. Il instaurera, dans le cadre de sa confrérie un autre ordre fondé, sur les « valeurs de justice, d’égalité, de protection des faibles, des veuves, des étrangers, des orphelins, du respect du bien et de la propriété de chacun. » [10]

El Hadj Malick Sy vulgarisera l’enseignement islamique dans de nombreux « foyers ardents » [11] accueillant des disciples de toutes les régions du pays. L’originalité de ce soufi, fut son refus de s’attirer des disciples en accomplissant des « miracles ». La tradition orale lui attribue cette phrase : « Il n’y a rien de plus laid pour un homme de Dieu de se transformer en thaumaturge pour convaincre et séduire ». Il s’installa à Tivaouane qui devient, alors, à l’instar de Pire Goureye [12] au siècle précédent, un rayonnement de la culture islamique.

La « stratégie » d’El Hadj Malick Sy consista à enseigner, d’abord, les savoirs encadrant les pratiques islamiques (‘ibâdât) aux taalibés [13] avant de s’attaquer à la mystique, comme phase supérieure à condition que le disciple maîtrise les notions de base.

Dans cette école, le Cheikh formait ses disciples qui allaient devenir les grands muqaddam de la tarîqa. Le contrôle strict qu’exerçait l’Administration sur les structures religieuses a certainement obligé le marabout à adopter un système de décentralisation.

Au lieu d’agrandir son école de Tivavoane, cette « université populaire » dont parlait Paul Marty – ce qui pouvait lui attirer des ennuis de la part des autorités coloniales -, El Hadj Malick a préféré renvoyer, dans leurs régions d’origine, ses anciens disciples. Ces derniers étaient suffisamment versés en matière religieuse et pouvaient par les enseignements de la tarîqa qu’ils incarnaient, représenter chez eux, le cheikh et la Tarîqa Tijâniyya et en prolonger l’action.

La revue égyptienne Al-Azhar, dans une présentation d’El Hadj Malick Sy et de son oeuvre soutient que « Grâce à lui, l’Islam a connu son épanouissement dans ce pays [Sénégal] en créant des écoles, des mosquées, des zâwiya, et, poursuit la revue, il a aussi formé de brillants érudits qui se sont éparpillés dans tous les coins du pays telle l’expansion de la lumière dans l’obscurité. » [14]

Le cheikh, comme pour contrecarrer la politique d’assimilation menée par les colons, chargera des muqaddam de représenter la tarîqa partout où il l’estimait nécessaire.

Ainsi, il envoya son ancien disciple Serigne Alioune Diop Maïmouna à Gaya [15], Serigne Birahim Diop à Saint-Louis, l’un des fleurons de la colonisation française en Afrique Occidentale. El Hadj Abdou Kane sera détaché à Kaolack, en plein centre du bassin arachidier sénégalais (centre-ouest du pays)

Réalisant que ses déplacements, dans l’AOF pourraient réveiller la suspicion du Gouvernement Général français, il préféra envoyer, après leur formation, ses disciples dans plusieurs pays de la sous région : El Hadj Amadou Bouya le représentera en Côte d’Ivoire, El Hadj Madior Diongue au Congo, Serigne Ndary Mbaye au Gabon, El Hadj Babacar Dieng en Centrafrique et El Hadj Abdou Ndiaye à Bamako.

Selon le porte-parole de la famille Sy, Serigne Abdou Azîz, « Maodo [16] avait envoyé tous ses ténors de la Tijâniyya en leur demandant d’aller faire un sacrifice en continuant son oeuvre d’éducation spirituelle » [17] En somme, il développa toute une stratégie d’islamisation décentralisée sans mouvements et déplacements qui seraient suspects aux yeux de l’Administration française.»

El Hadj Malick a pu, par la spiritualité travailler et islamiser la société en profondeur ; tous les domaines de la vie sociale, économique et politique en était imprégnée, ce qui a constitué un véritable bouclier contre l’assimilation coloniale de l’indigène. Et [18] « Aujourd’hui, bien que le français soit la langue officielle du pays, les représentants de l’Etat post-colonial, sont obligés de s’adresser au public en wolof surtout lors des grandes manifestations religieuses organisées par les confréries. Les marques de la colonisation semblent se limiter aux structures officielles de l’ « Etat importé ». En tout cas, on est très loin d’une situation semblable à celle de l’Algérie où la francisation était visible et apparaissait même sur le plan toponymique. Au Sénégal, surtout dans les régions à forte implantation confrérique, on a plutôt constaté une islamisation des noms des villages et des quartiers.

El Hadji Malick est parvenu à lutter contre l’assimilation à grande échelle quitte, parfois, à favoriser l’arabisation ou l’islamisation au détriment du modèle qu’avait voulu imposer l’occupant. C’est pour cela, qu’il symbolise cette résistance passive à la colonisation française par le biais de l’islam soufi et de ses confréries. »

Conclusion

[...]

De simples acteurs religieux, les organisations confrériques sont devenues de véritables forces politiques incontournables au Sénégal. Malgré l’émergence de mouvement islamistes venus critiquer, selon leurs termes, « l’immobilisme et l’archaïsme » de ces structures, leur force ne fait que grandir. D’ailleurs, ces mouvements changent aujourd’hui de stratégies en se rapprochant des confréries afin de réaliser ce qu’ils appellent  » une société véritablement islamique  » [19]. Il est certain que seule cette voie conciliatrice est en mesure de maintenir intact le succès de la religion du Prophète en terre africaine.

L’islam s’est fait accepter par la voie du soufisme. Ce dernier, en raison de sa forte connotation mystique, offre à des Africains avides de symboles, un cadre d’épanouissement religieux adapté à leur milieu originel. Cet islam confrérique reste, aujourd’hui, le principal rempart contre l’islamisme radical qui secoue plusieurs régions du monde. Cependant, il convient d’ être attentif aux évolutions récentes marquées par la déception de certaines couches vis-à-vis des confréries perçues comme des alliés du pouvoir et l’influence grandissante des doctrines venues d’Arabie….

[...]

Des figures africaines de l’islam comme El Hadji Malick Sy mériteraient d’être connues dans le monde arabe qui, sur le plan religieux, a aussi beaucoup à apprendre des autres contrées. Les œuvres variées et consistantes de Cheikh El Hadji Malick Sy sont pleines de leçons, d’expériences, de sagesse et de réponses adéquates à un monde musulman qui ne cesse de s’interroger. »

___________________

[1] Dans la grand majorité des cas ce sont les africains qui financent la réalisation des projets destinés à servir la cause de l’Islam. Par exemple, au Mali, l’institut de Bamako portant officiellement le nom du feu roi Khaled d’Arabie saoudite n’est redevable que dans une proportion assez faible à des subventions saoudiennes, la plus grande partie ayant été réalisée par des fonds fournis par hadj Baba Cissé, un Malien aussi avisé en affaires que fervent musulman.
[2] pp 87-88 « l’Islam entre Tradition et Révolution » de Roger du Pasquier aux éditions Tougui.
[3]http://www.amazon.fr/Vie-Enseignement-Tierno-Bokar-Bandiagara/dp/2020056577
[4] Bakary Sambe est Docteur en Sciences Politiques – Chercheur à la Maison de l’Orient-Université Lumière Lyon 2
[5] L’article complet ici : http://www.oumma.com/Cheikh-El-Hadji-Malick-Sy-et-l
[6]- Voi
 à ce propos la thèse de Bakary SAMBE « l’islam dans les relations arabo-africaines », sous la direction de M.Chérif Ferjani, IEP Université Lyon 2, décembre 2003.
[
7] Iba Der THIAM. L’évolution politique et syndicale du Sénégal de 1836 à 1936. Thèse d’Etat Sorbonne 1983, 9 tomes
[8] Mbaye El Hadj Rawane : La pensée d’El Hadj Malick Sy : un pôle d’attraction entre la sharî‘a et la tarîqa. Thèse d’Etat Lettres Paris 3 Nouvelle Sorbonne 1993 p141.
[9] – voir son Discours sur le colonialisme.
[10] R. Mbaye : ibid p142.
[11]- l’expression est de Cheikh Hamidou Kane, utilisée dans son roman pour désigner les écoles coraniques.
[12]- Aujourd’hui, petite localité à une vingtaine de km de Tivaoauane au centre ouest du Sénégal..
[13]- Mot wolof désignant les disciples d’un cheikh, de l’arabe tâlib (étudiant, élève)
[14] Revue Al-Azhar Juin 95 C’est nous qui traduisons.
[15]- sa ville natale au nord du Sénégal.
[16]- surnom d’El hadji Malick qui veut dire « patriarche » en Peul.
[17] Appel de Tivaouane.
[18] Cette phrase est de nous, pour plus de brièveté.
[19]- voir notre article dans Prologues 2005 « Pour une ré-étude du militantisme islamique au Sud du Sahara » où nous insistons sur lnécessité d’un renouvellement des paradigmes dans l’approche de l’islam africain et de son évolution.

 

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