Episodes de la sirah

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La vie du ProphèteMuhammad (saws)  -sirah-,  est la Parole de Dieu vécue à tous les degrés, aussi, tout musulman est soucieux  de s’en imprégner et d’en nourrir son quotidien.
Un hadith affirme que les épreuves subies  par un croyant sont en fonction du degré de sa foi. Plus la foi est forte, plus l’épreuve est grande.
Est-il possible alors d’imaginer ce qu’ont enduré tous les Prophètes à la foi parfaite ? Ce qu’ont donc enduré Muhammad (saws) et ses disciples dans la voie De Dieu ? Comment alors ne pas méditer sur une telle leçon d’abnégation, de courage et de patience ?
Pour s’y aider, voici quelques textes sur les persécutions infligés aux premiers musulmans. 

  Voyage du Prophète à Taïf

 « Il y avait neuf ans que le Prophète (saws) annonçait le message d’Allâh à la Mecque et essayait de guider de réformer sa communauté, depuis qu’il avait été élu par Allâh pour sa mission. A l’exception de quelques-uns qui s’étaient convertis à l’Islam, ou qui avait aidé le Prophète sans toutefois partager sa foi, les habitants de la Mecque, en général, le persécutaient et voulaient se débarrasser de lui et de ses compagnons. Son oncle Abou Tâlib, fut l’un de ceux qui l’aidèrent, bien que, pour des raisons personnelles, il n’embrassât pas l’Islam.

L’année suivante, à la mort de Abou tâlib, les Koraïches eurent les mains libres et, par conséquent, se remirent à persécuter le Prophète et ses compagnons. Or, il se trouvait qu’à Taïf, seconde grande ville du Hedjâz, habitaient les Banou Sakif, un clan puissant par son nombre. Le Prophète s’y rendit dans l’espoir d’obtenir d’eux un asile pour ses disciples. En arrivant à Taïf, il rendit visite aux trois chefs de clan séparément, révéla à chacun d’eux le message d’Allâh et leur demanda d’embrasser l’Islam. Mais ils refusèrent de l’écouter et chacun d’eux le traita avec orgueil et rudesse.

Le Prophète ne se découragea pas de cette opposition et essaya de s’approcher du petit peuple mais personne ne voulut l’entendre. Quand il se rendit compte qu’il était inutile de faire d’autres efforts, il décida de quitter la ville. Mais les habitants ne voulaient pas le laisser partir en paix, ils lâchèrent derrière lui les mauvais garçons de la rue pour le siffler, le huer, l’assaillir et le lapider. Il fut frappé de pierres au point que son corps était couvert de sang et ses souliers collés à ses pieds. Quand il fut éloigné de la ville, et qu’il se trouva à l’abri de la populace, il pria ainsi :

« O Allâh ! A Toi je me plains de la faiblesse de mes forces, demandant des ressources et, de mon insignifiance aux yeux des gens. O Toi, le Très Miséricordieux, Toi qui es capable de faire preuve de pitié, Tu es le Seigneur des faibles et Tu es aussi mon Seigneur. Dois-tu me livrer à un ennemi sans pitié, qui froncera les sourcils à ma vue, ou encore à un étranger à qui Tu as donné de l’ascendant sur moi ? Je ne m’en soucie nullement aussi longtemps que j’ai Ta protection. Dans la lumière de Ta face, je cherche la protection  -cette lumière qui illumine le ciel, qui repousse toute obscurité, qui contrôle toutes les affaires de e monde et de l’autre. Fais que jamais je ne doive encourir Ta colère ou que Tu ne sois mécontent de moi. Je dois ôter la cause de Ton mécontentement jusqu’à ce que Tu sois satisfait. Il n’y a de force et de puissance que par Toi »

Aussitôt Djibraïl [l’Ange Gabriel] apparut devant le Prophète. Il lui dit : « Allah sait tout ce qui s’est passé entre toi et ces gens, et Il a envoyé un ange responsable des montagnes pour être à tes ordres » En disant ces mot Djibraïl présenta l’ange au Prophète. L’ange le salua et lui dit : « O Prophète d’Allâh ! Je suis à ton service. Si tu le désires, je peux faire en sorte que ces montagnes qui surplombent la ville se rencontrent, de telle manière que tous les gens qui habitent cette ville soient écrasés. Tu peux aussi suggérer d’autres punitions contre eux ».
Le noble et généreux Prophète lui dit ces quelques mots : « 
Même si ces personnes n’acceptent pas l’Islam, j’espère que, grâce à Allâh, il y aura des gens de leur progéniture qui adoreront Allâh et Le serviront ».

A nous de voir la conduite du Prophète Mohammad (saws). Alors qu’ici-bas nous nous efforçons de nous venger pour un rien, le Prophète  -même après tant de souffrances aux mains de la populace de Taïf-  n’a ni maudit ni voulu se venger de cette dernière. » [ 1]

 Endurance de Bilâl

 Bilâl ben Hamama, Abyssinien, était l’esclave de Omaïya bin Khalaf, ennemi acharné de l’Islam. Quand il s’aperçut de sa conversion, il « ne songea plus qu’à le martyriser avec les plus lâches raffinements. Lui ayant entouré le cou d’une corde rugueuse en filaments de palmier, il le livra aux mains de gamins sans pitié, qui le traînèrent derrière eux, comme une bête de somme, pour s’en amuser ; et la corde, tiraillée en tous sens par les petits tortionnaires, creusa dans la chair de Bilal un sanglant sillon. Mais celui-ci semblait indifférent à la douleur. Alors son maître le priva de nourriture et de boisson, et l’entraîna hors de la ville, à midi, au cœur de l’été, pour le jeter sur la « Remdha », plaine de sables surchauffés à tel point, qu’un morceau de viande, posé sur leur surface, s’y cuisait instantanément. Il le fit étendre sur le dos, avec une énorme pierre sur la poitrine et lui signifia : « Tu resteras ainsi  jusqu’à ce que tu renies la doctrine de Mohammed, pour adorer Lat et Ozza. [divinités]. Mais le stoïque musulman se contentait de lever l’index de la main droite, en répétant : « Ahad ! Ahad ! » Allah unique ! Allah unique ! et témoignait ainsi de tout son mépris pour son maître qui osait attribuer des associés en bois ou en pierre au Maître des Mondes. Et cette affirmation le rendait insensible à la souffrance, car, à l’amertume des tortures, elle mélangeait l’ineffable douceur du sacrifice pour la Foi. » [2]
Il fut délivré par Abou Bakr [compagnon du Prophète et premier calife de l’Islam) qui acheta sa liberté et fit de lui un homme libre.   

Bilâl deviendra le premier muezzin de l’Islam – celui qui fait l’Appel à la Prière. (Adhan) du haut d’un minaret d’une mosquée- et le restera jusqu’à la mort du  Prophète (saws)  que partout il suivit.

 Tourments de Khabbâb bin Alarat

 « Khabbâb était aussi un de ceux qui s’étaient donnés en sacrifice pour la cause de l’Islam. Il était le sixième ou le septième à avoir embrassé l’Islam et, donc, à souffrir depuis longtemps. On lui faisait revêtir une armure d’acier puis s’étendre au soleil pour suer et étouffer de chaleur. Très souvent, on le faisait coucher à plat sur le sable brûlant, au point que cela lui arrachait la chair du dos.
Il était l’esclave d’une femme. Quand celle-ci apprit qu’il rendait visite au Prophète, elle commença à lui brûler la tête avec une tige de fer incandescente. Pendant son califat, Omar lui demanda un jour de raconter ses souffrances pour l’Islam. Il montra son dos à Omar, qui dit : « Je n’ai jamais vu un tel dos ». Khabbâb ajouta : « On a traîné mon corps sur des tas de charbons ardents et le sang et la graisse qui en coulaient éteignaient le feu » [...]
Khabbâb mourut à l’âge de trente-sept ans. Ce fut le premier des compagnons à être enterré à Koufa. Une fois, alors qu’il passait devant le tombeau de Khabbâb, Ali dit : « 
Qu’Allah bénisse Khabbâb et lui soit miséricordieux. Il embrassa l’Islam avec enthousiasme. Il s’est engagé dans la voie d’Allah et a passé toute sa vie à lutter et à souffrir pour la cause de l’Islam. Béni soit celui qui n’oublie pas le jour du Jugement, et prépare ses comptes et sait se contenter de peu dans ce monde et plaît à son Seigneur »

 Sort de Ammâr

 Ammâr et ses parents furent également soumis à de rudes épreuves. Ils furent torturés sur les pierres et le sol brûlants de la Mecque. Le Prophète (saws) leur recommandait la patience en leur donnant la bonne nouvelle de l’au-delà. Yazir, le père de Ammâr mourut après de longues souffrances entre les mains de ses persécuteurs.  Sa mère fut tuée par Abou Djahl, ennemi juré des musulmans. Malgré sa vieillesse, elle refusa de renoncer à l’Islam même sous les terribles tortures. Rappelons qu’elle fut la première des femmes à être martyrisée pour la cause de l’Islam. » [3]

 L’émigration en Abyssinie

 Parmi les épreuves subies  encore parmi les premiers musulmans, il y eut leur émigration en Abyssinie.

Pendant qu’à La Mecque les persécutions se poursuivaient sans répit, au mois de Radjab, un premier groupe de musulmans  parmi lesquels Othman ben ofane et sa femme Rogueïa, une des filles du Prophète (saws), émigrèrent et furent bientôt rejoint par d’autres ;  quatre-vingt-trois musulmans et  dix-huit musulmanes  trouvèrent refuge dans le royaume d’Abyssinie gouverné alors par un roi chrétien.   Les Koraïches idolatres qui étaient à leur poursuite ne purent les rattraper ; dépités de les voir leur échapper, ils envoyèrent auprès du Negus des ambassadeurs porteurs de riches présents en présentant les fugitifs comme des éléments dangereusement subversifs. Mais le roi, homme équitable  qui avait constaté que les réfugiés s’étaient attirés la sympathie de ses sujets, ne voulu pas les leur livrer sans les avoir entendus. Il les fit comparaître devant lui et après avoir écouté la récitation de la sourate « Mariam »,  il fut ému jusqu’aux larmes et refusa de satisfaire à leur requête.  Furieux, ils tentèrent   une autre approche pour le faire changer d’avis, en vain ;  non seulement le roi ne renvoya pas les musulmans  mais il  les prit sous sa protection.
« Ceci ajouta à l’exaspération des Mecquois… au point que de nombreux chefs koraïchites conspirèrent contre la vie de Mohammad et afin de liquider les musulmans de la manière la plus sommaire.

Le clan des Banou Hâchim, issu de la tribu des Koraïches et auquel appartenait le Prophète, ayant son mot à dire, ne se prononça pas en faveur de ce projet. Les Koraïches décidèrent alors de mettre les Banou Hâchim en quarantaine. Leurs chefs rédigèrent un document prévoyant qu’aucun Mecquois ne s’associerait, n’achèterait ni ne vendrait à ceux qui se mettraient du côté des Banou Hâchim tant que ces derniers ne livreraient pas Mohammad pour l’exécution capitale. Tous signèrent ce document qui fut suspendu dans la Ka’aba pour y être sanctifié. 

C’est ainsi que le Prophète et ses disciples furent enfermés dans une vallée  laquelle on ne pouvait accéder que par les gorges des environs de la Mecque. Pendant trois longues années, personne ne put leur rendre visite, et réciproquement ils ne purent aller voir qui que ce soit. Ils ne purent rien acheter à la Mecque et aucun commerçant ne put venir traiter avec eux.

 Bientôt leur provision de vivres fut épuisée et les musulmans furent réduits à la famine. Leurs femmes et leurs enfants pleuraient de faim et cela les faisaient souffrir davantage que leur propre faim. Pendant la dernière partie de cette période, leur seule subsistance fut le peu de nourriture que les maris des femmes hâchimites, mariées dans d’autres clans réussissaient à faire passer la nuit en contrebande dans la vallée. Enfin, après trois ans, le document se trouvant rongé par les termites, et de ce fait annulé, la quarantaine fut levée.

La sévérité des souffrances qu’ils endurèrent pendant cette période d’ostracisme est inimaginable. Mais les compagnons restèrent fermes dans leur foi et employèrent leur temps à diffuser la lumière de l’Islam chez leurs frères d’infortune. » [4]

 L’Hégire

 Une autre épreuve fut l’Hégire,  quand le Prophète Muhammad (saws) et ses compagnons, durent s’expatrier de la Mecque à Médine.
En quittant leurs attaches, ce départ  marque une rupture des liens (foyers, biens,  parents, amis, liens économiques …), un renoncement, un exil  pour l’amour de Dieu, sacrifice [rendre sacré] consenti pour préserver le message de Dieu et le transmette à l’humanité à partir d’une base plus sûre.
Là encore, imagine-t-on la dureté de ce périple ?  Imagine-t-on également que si cet exil n’avait pas eu lieu, « le Prophète n’eût pas pu accomplir sa mission universelle, et la face du monde n’eût pas été illuminée par l’Islam » ;  en effet, si le Prophète était resté à la Mecque, l’Islam y serait resté avec lui « Les Arabes de toute l’Arabie, redoutant la puissance que l’Islam eût apporté aux seuls quoraïches, se seraient coalisés pour l’empêcher de sortir de la ville sacrée. Tandis que, ayant d’abord, en dépit de toutes les rancunes, solidement implanté les racines de la religion dans sa ville natale, il devint facile au Prophète d’y rentrer après avoir gagné les autres Arabes à sa cause. Et ceci nous prouve combien impénétrables sont les desseins de la Providence, et combien fréquemment les malheurs qu’Elle nous envoie, et dont nous gémissons, deviennent la cause déterminant de nos succès
[5] »  

 Les combats

On ne peut parler d’épreuves sans évoquer les dures batailles que les musulmans ont dû livrer et avec quelle bravoure et foi ils s’y lancèrent.
Si la mission du Prophète n’était pas d’imposer la foi (selon un verset coranique),  il avait celle de rendre manifeste la volonté divine d’asseoir l’Islam ; la victoire ne pouvait être définitive avant la conquête de la Mecque où se trouvait le temple sacré de la
La Ka’ba qui devait devenir le point de rencontre, reflet de l’Unité divine, de tous les musulmans de la planète. Il était  nécessaire de s’en emparer et d’y briser toutes les idoles qui y étaient accumulés, fait hautement symbolique. 

 Si dans un premier temps, Le Prophète (saws)  et ses compagnons se sont vus contraints  à un combat non violent :
« Ne suis pas les incroyants et mène un grand combat par ceci [le Coran]»,   la résistance violente s’est imposée  par la suite face àune coalition tribale qui voulait les éliminer et était nullement prête à pactiser.

Après avoir subis d’impitoyables persécutions et avoir été exhortés à la patience :
« Supporte patiemment leurs paroles et prend congé d’eux en les saluant courtoisement » (Coran LXXIII, 10)
« Agis courtoisement envers les incroyants, laisse-leur momentanément un répit » (Coran LXXXVI, 17),
ils reçurent l’autorisation puis la sommation de recourir à la force  :

« L’autorisation de combattre est donnée à ceux qui luttent parce qu’on leur a fait tort ; et Dieu est capable de leur donner la victoire ; ceux qui ont été chassés injustement de leurs foyers pour la seule raison qu’ils déclaraient : notre Seigneur est Dieu » (Coran XXII, 39-40)
« Combattez  dans la voie d’Allah  ceux qui vous combattent, mais ne commettez par l’injustice d’attaquer les premiers car Allah n’aime pas les injustes –Tuez-les partout où vous les rencontrerez et chassez-les d’où ils vous auront chassés » (Coran II, 185-187)
« Combats les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de persécution, et que la religion soit tout entière pour Dieu » (Coran VIII, 39)

Et tout ceci sont les épreuves physiques, matérialisation  des tribulations à l’encontre de la perfidie des  passions de l’âme [grand  djihad], laquelle est engagée dans l’épreuve jusqu’à la mort.   Cette terrible épreuve est la lutte entre le  « moi » (nafs) qui tient à subsister et ne veut pas lâcher prise et les forces spirituelles qui doivent triompher.  Et cette victoire ne peut se gagner  sans  «  rompre les liens avec ce que l’on aime, sans laisser de côté ce que l’on sait et ce que l’on ignore » jusqu’à ce que  «  l’Être divin tienne  alors lieu de tout »[6].

« Oui, Nous vous mettrons sûrement à l’épreuve afin de connaître ceux d’entre vous qui combattent (pour la cause de Dieu) et qui se montrent patients … » (Coran 47- 31)

 «Certes vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes ; et certes vous entendrez de la part de ceux à qui le Livre a été donné avant vous, et de la part des associateurs, beaucoup de propos désagréables. Mais si vous êtes endurants et pieux… voilà bien la meilleure résolution à prendre.» (Coran III, 186)

Khabbab Ibn Al Aratt a dit : « Nous nous plaignîmes un jour auprès du Messager de Dieu (saws) alors qu’il était allongé à l’ombre de la Ka’ba, la tête appuyée sur son manteau. Nous dîmes : « Que n’appelles-tu pour nous le secours de Dieu ? Que ne pries-tu pour nous ? ». Il dit : « Parmi ceux qui vivaient avant vous, on prenait l’un d’eux, on lui creusait un trou et on l’y mettait. On apportait ensuite une scie qu’on lui plaçait sur la tête qu’on sciait ainsi en deux morceaux. Ou bien on passait sur sa tête un peigne de fer jusqu’à lui arracher ce qu’il y avait au dessous de sa chair et de ses os. Ce n’arrivait pourtant pas à lui renier sa foi. Par Dieu, Dieu accomplira cette chose (l’Islam) jusqu’à ce que le voyageur aille sur sa monture de San’a’ à Hadramout ne craignant que Dieu ou le loup pour ses troupeaux ». 

 _________
[1] Extrait du premier chapitre Le sacrifice et la résistance de l’ouvrage de M.Mohammad Zakaria intitulé Les compagnons du Prophète paru chez Créadif Livres.
[2] Extrait de La vie de Mohammed de E.Dinet et El Haj Sliman Ben Ibrahim aux éditions Maisonneuve et Larose.
[3] Suite de l’extrait du premier chapitre Le sacrifice et la résistance de l’ouvrage de M.Mohammad Zakaria déjà cité.
[4] Idem.
[5]  La vie de Mohammed de E.Dinet et El Haj Sliman Ben Ibrahim
[6] 
Junayd


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