Le vêtement

students.jpg

Même si on ne s’en rend plus compte, le vêtement a une emprise puissante sur l’âme : on s’identifie spontanément à son vêtement. L’effet « mode » est éloquent à cet égard. « Si I’architecture façonne l’ambiance vitale de I’homme, l’art du vêtement façonne en quelque sorte l’homme lui-même : il n’y a rien qui influence le comportement de la plupart des hommes autant que le costume qu’ils portent. » (1) 

« Les vêtements forment l’ambiance immédiate de l’âme humaine, ils ont un pouvoir incalculable de purification ou de corruption. Ce n’est pas sans raison, par exemple, que dans la chrétienté, les ordres religieux ont conservé, à travers les siècles, un costume qui avait été tracé et institué par une autorité spirituelle soucieuse de choisir une tenue compatible avec la vocation de celui qui la porte. En dehors de ces exemples, on peut d’ailleurs dire, d’une façon générale, que dans toutes les civilisations théocratiques, c’est-à-dire dans toutes les civilisations à l’exception de la « civilisation » moderne, le vêtement a été plus ou moins inspiré par la conscience que l’homme est le représentant de Dieu sur la terre, et ce n’est nulle part plus vrai que dans la civilisation islamique» (2)

Tant que les sociétés musulmanes sont demeurées homogènes conservant un mode de vie traditionnel, hommes et femmes ont conservé cet idéal. Et comme l’Unité n’exclut pas la diversité, chaque ère ethnographique avait son propre code vestimentaire, toujours conforme à l’Ordre.

L’homme portait généralement un habit ample et couvrant, comme la djellabah, par exemple, combinaison parfaite de simplicité, de sobriété et de dignité. Il est certain que ce genre de vêtement donne une prestance inégalée et une allure sacerdotale complètement adaptée à la prière.

elderley.jpg54505475img3594.jpg73031332vq70tnu0.jpglibye10.jpg4692002.jpgcopiede72986115w5zh9s3e.jpg

 - La femme se drapait dans un voile (différent selon chaque ère culturelle)… Pendant quatorze siècles –et jusqu’à aujourd’hui pour une importante part, sans se poser de questions, ainsi qu’il leur est prescrit dans le Coran et la sunna.

muslima3.jpgmuslima2.jpg219seulslesanciensshabillenttraditionnelalacampagne.jpgoumousyprofil500.jpgsuzan2.jpgjdw04884l1.jpgpintuck2.jpgxtombe.jpg

Et ce, jusqu’à l’entrée du modernisme qui a entraîné, en partie, les communautés musulmanes à se séculariser, entraînant un chambardement dans le mode de vie traditionnel.


Dans son livre « l’art de l’islam », Titus Burckhartdt, après avoir dit, que le corps de la femme était plus subtil, plus délicat, plus fluide et plus noble que celui de l’homme, il dit du voile : « Ce n’est pas à cause de son caractère sexuel purement physique que la femme musulmane se voile, même si cela correspond à une certaine nécessité sociale ; c’est parce que son apparence physique livre en quelque sorte son âme. L’épouse qui dévoile sa beauté à l’époux est, pour la sensibilité du musulman, une image évoquant non seulement l’ivresse sensuelle mais toute ivresse dont la vague quitte les rivages pétrifiés du monde extérieur pour s’épancher vers l’illimitation intérieure. Pour le mystique, c’est l’image par excellence de la contemplation de Dieu… », que le Prophète (saws) a exprimé par « la fraîcheur de ses yeux ».

En effet, le voile est essentiellement un symbole métaphysique ;  il trouve son fondement dans la plus haute spiritualité.  Ce n’est certes pas un  hasard si  dans l’art chrétien, la Vierge Marie est toujours représentée voilée. Comme dans le christianisme, dans l’Islam, la Vierge Marie est le symbole métaphysique par excellence. Jésus (‘Isa) qui est désigné dans le Coran comme le « Verbe de Dieu (kalimatu-Hu) est constamment appelé « fils de Marie », ce qui indique qu’il est le Trésor de ses entrailles. Ainsi,   »Le voile symbolise le mystère, la Vérité cachée qui régit et qui oriente la Vérité extérieure ; il figure aussi la servitude, sans laquelle la Totalité ne peut être, ni réalisée initiatiquement, ni manifestée en ce monde. Marie est la « servante du Seigneur », c’est-à-dire du « Seigneur des mondes » qui est le « Seigneur des seigneurs ». Selon Ibn Arabî, la servitude est le secret du tawhîd [unicité divine], entendu comme étant la réalisation initiatique de l’Unité ; d’ autre part, le tawhîd est le secret de la servitude parfaite, car il est la source divine de l’autorité traditionnelle en ce monde. A ce double point de vue, Marie est un modèle universel. Son voile figure la soumission de la femme [à Dieu] car celle-ci, mieux que l’homme, exprime la subordination de l’homme à Dieu.«   (3)

De ce fondement, il découle  que la femme est montrée voilée dans toutes les grandes circonstances de sa vie : « L’épouse, le jour de ses noces, la veuve, la religieuse sont revêtues du même vêtement symbolique. Le comportement extérieur est toujours essentiel. Et comme il sort de la personne, il en exprime aussi la substance«   (4) 

La femme évoque donc l’intériorité, le mystère… en se dénudant, elle trahit le secret de sa féminité ; en se voilant, elle ne nie pas son corps mais le relègue comme l’or, dans le domaine des choses précieuses qui demeurent cachées aux yeux des foules ; ce n’est pas sans rapport avec le voilement des mystères dans les derniers temps où les passions dominantes occupent le devant de la scène.
Aujourd’hui, c’est l’extériorisation, le paraître qui compte. Avec le nivellement par le bas, tout le monde doit être habillé selon un dictat pour afficher l’emblème de l’efficacité matérielle, et ce, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale qui correspond à la sécularisation de la société ; on doit avoir un « look » pour exprimer l’individualisme ; une femme doit être « sexy », femme-objet qui pense être libre. Par contre, une musulmane qui choisit librement d’être conforme à sa foi et d’être une femme à part entière est une femme asservie !

N’est-il pas curieux que dans des sociétés dites de « liberté », où il permis d’avoir tous genres d’accoutrement, on stigmatise les femmes voilées. Qui plus est, contrairement aux droits de l’homme qu’on brandit à tous vents, lesquels stipulent garantir soi disant la liberté religieuse ainsi que son expression. Il est quand même révélateur que le fait de se dénuder ne soulève que des « Olé » alors qu’un foulard  sur la tête provoque des « tollés » interminables. En réalité, la laïcité est un bloc monolithique intégriste, une religion en mode parodique réfractaire à toute foi véritable. 

*** 

Dans une époque aussi trouble et confuse que la nôtre, dans certaines circonstances, il peut être très problématique de se voiler. Dieu ne fait d’obligation à une personne que dans les limites des possibilités qu’Il lui a octroyées (La youkallifou Llahou nafssan illa wousâahaa). Celle qui, par nécessité,  est obligée sans vouloir transgresser, qui en éprouve de la tristesse, alors en vérité Dieu est Tout Pardonnant et Tout Miséricordieux ( Fa man idtourra ghaira baaghin wa laa âadin fa inna llaha Ghafouroun Rahim). Seul Dieu est à même de juger de la capacité de chacune. A chacune donc de voir si elle a atteint cette limite à charge de s’obliger dès que cela revient dans ses possibilités, puisque la règle est à observer pour être en totale conformité avec l’Ordre divin.

– En n’oubliant jamais que le meilleur vêtement est celui de la piété :
« Ô Fils d’Adam ! Nous avons fait descendre sur vous un vêtement pour cacher vos nudités, ainsi que des parures. – Mais le vêtement de la piété voilà qui est meilleur. – Autant de signes (de la puissance) de Dieu destinés à vous faire méditer. » (Coran VII, 26)
- En se sachant toujours et à jamais indigents. (L
a pire situation serait d’être satisfait de soi dans la désobéissance et pis encore dans l’obéissance (5). L’écueil dans la désobéissance est clair alors qu’il est subtil dans l’obéissance : se voir d’un œil satisfait –et forcément méprisant pour les autres- est le shirk de l’orgueil.)

Et Dieu est plus Savant.
___________________________
(1) Titus Burchardt
(2) Un saint soufi du XXe siècle, Martin Lings. Points Sagesse.
(3) Abd Ar-Razzâq Yahya  - La papauté contre l’Islam.

(4) 
http://reveil-des-consciences.over-blog.com/article-le-voile-et-l-invisible-117006420.html)
(5) « Dieu habillera de disgrâce celui qui porte des vêtements par ostentation  » (hadith)

Retour catégorie

Retour à l’accueil

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

ALL FOR ISLAM |
Ammaara's blog |
... de Christ et c'est tout. |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | mchefatima
| Etat et religion
| Histoire chrétienne