Norme humaine et fonction prophétique

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Pour certains non-musulmans, le Prophète Muhammad (saws) paraît « trop humain » pour être spirituellement parfait révélant par là même une ignorance de la norme humaine et de la fonction prophétique.

La norme humaine, c’est la nature adamique en qui Dieu souffla de Son Esprit et porteuse de tous les Noms divins. C’est dire que la norme terrestre est un idéal spirituel conformément à la Volonté divine.
« O gens, votre Seigneur est Un, votre ancêtre est Un… » a dit le Prophète (saws) mettant en évidence que le plan humain est ordonné en conformité avec Sa propre Unité. Par conséquent, l’entière vérité peut être réalisée par tous ceux qui reconnaissent qu’Adam, en qui fut insufflé l’Esprit de Dieu (qui n’est rien qui ne soit séparé de Lui même) signifie toute personne de l’espèce humaine.

De même que la fin doit rejoindre le commencement, Muhammad (saws), en tant que « Sceau » (XXXIII, 40) devait correspondre d’une façon particulièrement directe à Adam (as). Par cette raison « axiale », il symbolise le Centre de l’humanité et synthétise en lui-même toutes les possibilités humaines incluses principiellement en tout être humain. C’est ainsi qu’il a réalisé toutes les possibilités humaines en positif. A lui seul, il est tout un monde : son expérience humaine -et non pas mondaine-, par une multitude d’exemples démultipliés est « tentaculaire ». Il n’est pas seulement une pure lumière qui dévoile l’homme à lui-même mais il est aussi un « multi-modèle » pour ce monde. Il se devait de ressembler à un simple mortel -il en était un- à la différence du joyau parmi les pierres… pour que les pierres deviennent joyaux.

Alors que Jésus (as), par exemple, en tant que symbole spirituel a dû extérioriser La Lumière, rendant sa perfection évidente et immédiatement intelligible, le Prophète Muhammad a dû l’envelopper de « voiles » pour accomplir Sa Volonté (Coran, XXXIII, 45-46), dans une attitude divinement contemplative et humainement combative et constructive. Sa suprême sainteté et sa puissance salvatrice non seulement n’ont pas empêché toutes sortes de vicissitudes familiales, sociales, politiques, mais l’ont exigé. Dieu lui a donné un extérieur « ordinaire », comme tout humain, cependant que son intérieur était en rapport constant avec le Vrai. Cette image exclut tout déséquilibre, toute dualité ; tel est bien là l’état du Prophète Muhammad (saws) « Rasûl Allah » (Envoyé de Dieu), lequel fut élevé aux plus hauts degrés de la « Proximité divine » (Coran LIII, 9) (1).
C’est la plénitude de l’Universalité, l’Homme en qui sont réunis les livres divins et naturels, universels et partiels, les réalités supérieures et inférieures, les puissances du Ciel et de la terre, de l’Orient et de l’Occident, de la connaissance et de l’action. L’homme du juste milieu où toutes les dimensions, même les plus contradictoires se rencontrent et s’harmonisent. (2)

Tout mortel et tout homme soit-il, un Prophète se trouve sur terre dans une condition fort différente en réalité de l’homme ordinaire puisque sa mission est justement d’amener cet homme à s’élever. Sa fonction exige une parfaite réalisation intérieure, une plénitude effective qu’il puisse « reverser » sur le monde. Sans cette perfection, il ne pourrait servir de modèle et l’Envoyé Muhammad (saws) n’aurait pas été qualifié par Dieu, de « modèle excellent ». Car, comme son nom l’indique, un modèle est une norme parfaite. 


(1) Lire Le Prophète Muhammad, p. 125. Martin Lings, Seuil.
(2) L’Islam, selon les termes coraniques, est « Religion du milieu » (II, 143) ; de ce fait, elle est équilibre.

Calligraphie haut de page : « Muhammad »


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