L’artisanat

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Dans un mode de vie traditionnel, c’est-à-dire puisant ses racines dans la Connaissance, celle des vérités éternelles et universelles, chaque fonction -à un degré ou à un autre-  en est une application ; chaque activité revêt ainsi un caractère sacré où l’utilité est toujours liée à la Beauté, elle-même liée à la Vérité.
Par la réalisation de formes, dans la maîtrise et le rythme, l’artisan humain
actualise les possibilités qui lui sont données par prédisposition rendant ainsi gloire à l’Œuvre de l’Artisan divin -artifex mundi- (1) d’où sont issus tous les possibles.

La Beauté n’appartient qu’à Lui ; le Formateur [al-Mouçauwwir], c’est Lui. Le Créateur [al-Khâliq], cest Lui : « c’est Allah qui vous a créés, vous et ce que vous oeuvrez »  [Wa Allāhu Khalaqakum Wa Mā Ta`malūna] (2)

L’artisanat, cet art qui consiste à façonner de la beauté, à partir d’une matière pauvre et amorphe -même pour des objets à usage courant et qui fait que le quotidien est tissé également de beauté-,  est analogue au travail de l’homme sur lui-même, « boue croupie » mais spirituellement noble et qui aspire à la Beauté divine dont la céramique en est la plus convaincante illustration.

C’est l’idéal de perfection : « Dieu a prescrit la perfection en toute chose » a dit le Prophète Muhammad (saws), et c’est ce qui constitue le chef-d’œuvre. C’est pourquoi, fut un temps dans toutes les civilisations et encore aujourd’hui en Islam, toute discipline qui exige un savoir faire est un art, et tout véritable artisan est un initié et donc un artiste à part entière.
La dichotomie entre art et artisanat est un phénomène moderne et relativement récent et qui rappelle la scission entre art et science. (3) 

agouim02.jpg     Le tapis qui est une pièce maîtresse de l’artisanat islamique est à l’image hautement symbolique de l’existence qui semble tenir par elle-même, événements et formes se soutenant mutuellement. En réalité, bien qu’invisible, c’est le fil de chaîne qui unit tous les éléments. (Il en est ainsi du collier qui n’est tel que par le fil qui unit les perles.)

 

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(1) « L’artifex, pour les anciens, c’est, indifféremment, l’homme qui exerce un art ou un métier ; mais ce n’est, à vrai dire, ni l’artiste ni l’artisan au sens que ces mots ont aujourd’hui ; c’est quelque chose de plus que l’un et que l’autre parce que, originairement tout au moins, son activité est rattachée à des principes d’un ordre beaucoup plus profond. »
« Dans toute civilisation traditionnelle… toute activité de l’homme, quelle qu’elle soit, est toujours considérée comme dérivant essentiellement des principes ; cela, qui est notamment vrai pour les sciences, l’est tout autant pour les arts et les métiers… Par ce rattachement aux principes, l’activité humaine est comme « transformée », pourrait-on dire et, au lieu d’être réduite à ce qu’elle est en tant que simple manifestation extérieure (ce qui est en somme le point de vue profane), elle est intégrée à la tradition et constitue, pour celui qui l’accomplit, un moyen de participer effectivement à celle-ci, ce qui revient à dire qu’elle revêt un caractère proprement « sacré » et « rituel ». « 
(Chap. VIII Métiers anciens et industrie moderne « Le règne de la quantité et les signes des temps » René Guénon.)

(2) Coran 37.96

(3) Il faut bien constater, outre les objets usinés en série, qu’un certain « artisanat » sollicité par le tourisme de masse n’est plus que triste imitation qui , parfois, n’a même pas la beauté du vestige mais l’empreinte de la mort du cygne.

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Publié dans : â–  ART :, - Artisanat (1) |le 5 janvier, 2007 |Pas de Commentaires »

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