Le sacrifice d’Abraham

Le sacrifice d'Abraham dans  â–  A PROPOS, HERITAGE PROPHETIQUE :   n32771

«Abraham dit à son père et à son peuple : « Je désavoue totalement ce que vous adorez, à l’exception de Celui qui m’a créé, car c’est Lui en vérité qui me guidera »». (Coran XLIII, 26-27)

Dans le Coran, Ibrahim (Abraham) est l’Ami intime de Dieu (Khalîl Allâh), un Hanif, c’est-à-dire le modèle du croyant originel à la foi parfaitement pure, totalement soumis au divin (Coran III, 67-68).
Toutes les familles spirituelles de la terre ont été bénies en lui (1).  C’est l’Islam qui, de façon la plus pure, conserve cette mémoire commune.

« …Il ne met aucune gêne pour vous dans la religion, en tant que fidèles à la communauté de votre père Abraham. C’est lui qui jadis vous a nommés « Ceux-qui-se-soumettent ». Qu’en cela l’Envoyé soit votre témoin, et vous les témoins des hommes. Elevez la prière. Acquittez la purification. Faites de Dieu votre rempart. Il est votre Maître : heureux Maître, et sûr Secourant ! » (coran, XXII, 78)

Après chaque prière rituelle, la prière sur l’Envoyé Muhammad  -Tashahhud renouvelle celle d’Abraham :

O mon Dieu, bénis et salue et répand Tes grâces sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, comme Tu as béni, salué et répandu Tes Grâces sur Ibrahim et la famille d’Ibrahim, à Toi les Louanges et la Gloire.

Abraham, c’est le pèlerin dans l’exil de la Voie qui, par la purification du cœur, s’élève de degré en degré (Coran VI, 76-83) : la destruction des idoles (Coran XXI, 69-70), le sacrifice sont nécessaires (Coran XXXVII, 83-101), et ce, afin de ré-endosser la perfection adamique avant sa chute.


Le sacrifice

Dans le désert, Abraham vit en songe qu’il devait sacrifier son fils Ismaël, la chair de sa chair, ce fils pieux que Dieu lui avait accordé sur sa demande (Coran XXXVII, 101- 102). Par sa foi pure, faite de confiance absolue en l’Unique Adoré, par l’amour porté à son fils en Dieu seul, par l’amour du fils pour son père en Dieu seul, d’un commun accord, l’Ordre fut exécuté (XXXVII, 103-111). Et voyez là, la surabondance du Don divin ! Sa double Miséricorde, qui, non seulement va miraculeusement épargner le fils mais accordera à Abraham deux autres fils : Isaac et Jacob (ishaq et yacoub) d’une femme vieille et stérile (XI, 71-73). Par son obéissance, Abraham reçoit la Bonne Nouvelle et la surabondance de Bienfaits. Par son offrande inconditionnelle, sa foi sans faille, toute la postérité  d’Abraham est ainsi consacrée, bénie. (2)
Le musulman, pour rappel de cette foi totale et de son appartenance à cette famille humaine, commémore ce sacrifice par un rituel : la fête du Sacrifice (Aïd Al Adha) célébrée le dixième jour de Dhoul-Hidja marquant l’achèvement du pèlerinage, quand l’homme est désormais dans la Proximité divine.

« …le sacrifice de son fils, arrêté au dernier moment par l’ordre express de Dieu, fut proposé à ses descendants spirituels afin de transformer la violence explicite des sacrifices humains en symbole d’un combat intérieur visant à arracher la racine même de la violence…Pourtant la plupart des descendant d’Abraham semblent avoir oublié le fond du combat spirituel le plus noble, celui contre soi-même. Ils se battent surtout entre eux pour revendiquer l’honneur exclusif de descendre en ligne directe de la victime sacrificielle… » (Guiderdoni)


Modalités

Il ne faut jamais oublier que « les actions ne valent que par leur intention » et que « c’est la droiture de son intention qui fait la droiture de l’action d’un homme », selon ce qu’a affirmé le Prophète -que Dieu le bénisse et le salue-. C’est ainsi que Dieu dit :

« Ni leurs chairs ni leur sang n’atteindront Dieu, mais seule la piété venue de vous L’atteindra » (Coran XXII, 36)

Par cette piété qui est adoration sincère, tous les musulmans sont appelés à se souvenir de l’acte d’adoration parfaite d’Abraham, l’Homme au cœur intègre. (Coran XXXVII, 84) A cette occasion, les croyants et les croyantes vont remercier Dieu pour Ses bienfaits et Lui demander pardon ; puis ils demanderont pardon auprès de celles et ceux qu’ils ont offensés.

C’est pourquoi l’Aid est une sunna muaqada (tradition fortement recommandée) ; cependant, Dieu n’imposant à toute âme que sa capacité, pour sacrifier un mouton (ou une bête de cheptel : chameau ou bœuf) -qui doit être en parfaite santé- il faut en avoir les moyens et disposer d’un endroit pour accomplir le rituel. Si on a les moyens et qu’on ne peut le faire, il est possible d’offrir une bête  ou l’argent d’une bête à quelqu’un qui pourra la sacrifier en son nom.
« Celui qui a les moyens mais ne sacrifie pas, ne prie pas avec nous » (Hadith rapporté par Ibn Maja)

Sauf si on effectue le pèlerinage, il est vivement recommandé de jeûner la veille de l’offrande.

 

La mise à mort

Quand le geste de mise à mort est accompli en Son Nom et par gratitude, la mort est sacrée pour l’animal, la nourriture bénie pour l’homme.
L’incision doit être pratiquée d’un seul mouvement sûr et rapide sur les veines jugulaires laissant intactes toutes les autres veines du cou, ce qui provoque la mort, sans douleur, par hémorragie. (3) Le sang de l’animal ainsi évacué permet d’éviter l’absorption de sang. (4)
Faire souffrir l’animal est interdit et celui qui, pour pratiquer l’incision, s’y reprendrait à deux fois, invaliderait le rituel.
Le tiers de la bête doit obligatoirement être offert en aumône.


(1) Genèse 12,2-3 : « …je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. »
Le Coran  (16. 120) désigne également Abraham comme étant  une « communauté » (umma) voué exclusivement à Dieu.

(2) Considérant que l’Hindouisme débute un cycle et que l’Islam le termine, n’est-il pas curieux que ces deux noms « Brahmâ » et « Abraham » aient la même racine étymologique ?
Sur l’implication du rapport de polarité traditionnelle entre l’Hindouisme et l’Islam, lire :
http://esprit-universel.over-blog.com/article-michel-valsan-le-triangle-de-l-androgyne-et-le-monosyllabe-om-85317373.html

()Une expérience menée en Allemagne, à l’université d’Hanovre, démontre – après implantation d’un électroencéphalogramme et d’un électrocardiogramme sur deux animaux- que l’animal abattu après assommage, souffre plus que celui abattu par incision .
« C’est l’animal abattu par la profonde incision qui souffre le moins. Trois secondes après l’incision, l’électroencéphalogramme montre en effet un état de profonde inconscience (qui est provoquée par la faible irrigation sanguine du cerveau, due à l’hémorragie). Six secondes après, l’électroencéphalogramme est plat (et il n’y a donc plus de douleur ressentie par l’animal). Pendant le même temps, le cœur continue à battre, et le corps de l’animal se tend vigoureusement (un réflexe dû au système nerveux), ce qui expulse le sang de façon maximale hors du corps, pour une viande plus saine »

(4) Dans Deutéronome 12, on lit : « garde toi de manger le sang car le sang c’est l’âme… ».
Le mot « dam » = « sang » est dérivé du mot Adam. Le sang est support de vitalité, véhicule de la chaleur animatrice en correspondance avec le feu. (quand on se met en colère, le sang chauffe). Les anges furent créés de lumière divine ; ceux qui se révoltèrent à la suite d’Iblis perdirent la luminosité de leur nature pour n’en garder qu’une chaleur obscure. De là vient l’interdiction du sang comme nourriture, son absorption « entraînant celle de ce qu’il y a de plus grossier dans la vitalité animale, et qui, s’assimilant et se mêlant intimement aux éléments psychiques de l’homme, peut effectivement amener de fort graves conséquences. De là aussi l’emploi fréquent du sang dans les pratiques de magie, voire de sorcellerie… » (René Guenon)
On sait également que le sang contient beaucoup d’acide urique, substance toxique pour l’homme.


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2 Commentaires Commenter.

  1. le 2 janvier, 2007 à 23:30 choco écrit:

    Salam aleykum

    Très, très beau texte! Suivons les traces de notre Prophète Muhammad et nous suivrons notre père Abraham. Paix et Salut de Dieu sur eux.

    Bonne continuation pour votre blog, c’est un plaisir de le lire, c’est si beau.
    Salam

  2. le 3 janvier, 2007 à 0:21 aminour écrit:

    Salam aleykoum,

    El Hamdulil’lah pour votre commentaire.

    Que Dieu vous fasse Miséricorde et vous accorde Sa Grâce. Amine

    Salam.

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