Dissolution

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Si durant les temps les plus reculés, les hommes ont cru en l’Au-delà, ce n’est pas parce-qu’ils étaient plus naïfs que nous mais par ce qu’ils avaient le sens des valeurs réelles. Cette conscience n’est pas tributaire de titres universitaires ou d’érudition qui donnent à beaucoup le moyen de dissimuler leur véritable nullité intellectuelle qu’est la perte du sens de l’homme, de la nature, de la norme divine et de l’imperfection humaine. « Ils connaissent une apparence de la Vie immédiate, alors qu’ils sont insoucieux de la Vie dernière» (Coran XXX, 7 et XXVII, 66). De même le Prophète  (saws) a dit : « L’homme intelligent se juge sévèrement et travaille pour l’autre vie ; le sot suit les caprices de sa fantaisie et compte sur Dieu pour réaliser ses espoirs. »

La mort individuelle

Comme la dissolution finale de notre monde, la mort individuelle est la fin d’un monde et un jugement, c’est-à-dire une absorption de l’extérieur par l’intérieur. Puisque « tout périt sauf la Face de Dieu » (Coran XXVIII, 88), tout existence est transitoire ; cette impermanence est représentée par différents états qui sont autant d’étapes d’un voyage.

« Vous irez certainement d’étape en étape » (Coran LXXXIV, 19)

Tous nos états doivent converger vers ce point unique, Principe de tout ce qui existe et hors duquel il n’y a rien :

« Dieu est la destination de tout. » (Coran, III, 28)

Il faut assumer les conséquences de notre état présent qui est l’état humain. L’éventualité de n’avoir pas réalisé le sens divin de la condition humaine est bien évidemment redoutable. Issue tragique et infernale puisqu’on ne pourrait prétendre alors à une vie de Lumière ; il faudrait affronter le feu qui en est la condition à rebours, afin que la matière ignée, cette part combustible qui s’oppose à la nature angélique et solaire, soit consumée (Coran CIV, 7). Tout provient de la Miséricorde divine.

Trois états se trouvent dévoilés à notre entendement humain, trois états décrits dans la première sourate du Coran :
- celui des Bienheureux : les gratifiés, les comblés de faveurs.  Ce sont ceux dont le cœur est tourné vers l’intérieur (Intériorisation, conversion, concentration, élévation).
Ceux-là sont encore décrits dans une autre sourate (56), comme formant deux groupes : les compagnons de la droite (aşĥābu Al-Maymanati ) et les rapprochés (Al-Muqarrabūna).
- celui des errants : les égarés.
- celui des Malheureux : les réprouvés, ceux dont le cœur est tourné à l’envers (extériorisation, inversion, dispersion , abaissement).

« Une muraille sera dressée entre eux, ayant une porte à l’intérieur de laquelle est la Miséricorde, tandis qu’à l’extérieur, en face, sera le Tourment. » (LVII, 13 et XCI, 190)

Selon la Parole divine : « Le vertige de la mort restitue le Vrai : ‹voilà ce dont tu t’écartais› » (Coran L, 19) et selon un dire du Prophète (saws) : « l’homme dort, quand il meurt, il se réveille », l’homme, à sa mort, perçoit soudain la Vérité, non plus à travers le prisme déformant des illusions terrestres. Le jugement est donc lucidité, clairvoyance : « L’homme sera clairvoyance envers lui-même » (Coran LXXV, 14 – L, 22 – L, 19). Il se condamne, ses membres même l’accusent (Coran XXIV, 24). Celui qui accepte d’être guidé l’est pour lui-même (linafsihi) et celui qui reste ignorant l’est sur lui-même (‘àlà nafsihi). Dire que Dieu punit et récompense, c’est prendre conscience de notre responsabilité -dans la mesure assignée : « Dieu n’impose à toute âme que sa capacité » (Coran)- et des conséquences que cela implique : c’est assumer. Il est tout aussi vrai de parler de colère, de vengeance divine. Tout déséquilibre appelle un choc en retour. Ce que nous accomplissons à l’encontre du divin -illusoirement- agit contre nous. (Coran XXVII, 4)

Etats paradisiaques comme états infernaux sont des perpétuités, éternels à notre point de vue puisque le temps y est aboli. (III, 23-24). L’au- delà coranique a ainsi la qualité de durée illimitée (abad, abaden et khuld), et non d’Eternité (azal) confirmé par la sunna, tel ce hadith : « Lorsque les bienheureux entreront au Paradis et les réprouvés en Enfer, Dieu dira : « S’il en est parmi eux qui aient dans le cœur le poids d’un grain de moutarde de foi, qu’on les fasse sortir. » Ils sortiront alors tout brûlés et carbonisés ; on les jettera dans le fleuve de la vie et ils renaîtront alors comme pousse la graine de pourpier dans le limon du torrent » (Hadith 81-51, 12 de El-Bokhâri)
L’Eternité, sans début ni fin, n’appartient qu’à Dieu ; Lui Seul est Eternel : « Tout doit périr (ou tout est périssant), sauf la Face de Dieu, à Lui appartient le jugement ; et vers Lui vous serez ramenés. » (Coran, 28, 88)

fresque eschatologique

Dans le Coran, la description de l’au-delà est immense et intense, son rythme incisif.
- L’enfer, sévère avertissement, presque désespéré, y est terrifiant. Dieu, par pure Miséricorde et par un Rappel également lancinant et prédominant de Son Pardon (« Ma Miséricorde précède Ma Colère ») nous convie à nous en détourner. Cette crainte de l’enfer, chacun en prend la dose qui lui est dévolue, pour ne pas chuter.
- Le Paradis, promesse suave y est délicieux, parfumé, coloré, somptueux, voluptueux : c’est le printemps éternel, fleuri, parcouru de sources vives, état incorruptible comme la pierre précieuse, le cristal et l’or.

Quelqu’idées que nous nous fassions de ces deux pôles, notre science à ce sujet est déficiente. Comment expliquer le parfum de la Rose et la douleur de ses épines à celui qui ne connaît les roses ? « Quand une mère dit à son enfant : « ô mon sucre,.. en réalité cet enfant n’est pas du sucre… Bien qu’il ne soit pas ces choses mêmes, il est encore plus agréable, plus aimé et plus désirable » (Sultan Valad)

Certains oeuvrent uniquement par crainte de l’Enfer, d’autres équilibrent cette crainte par le désir du Paradis ; d’autres oeuvrent, tout en craignant Dieu, de façon totalement désintéressée, par pur amour de Dieu et obtiennent le « Illyom » (Proximité divine).

Wa-llâhu a °lam!


Témoignage________________________________

«As-tu vu, as-tu entendu d’où Je vous ais amenés et jusqu’où ? Maintenant encore, Je te dis et Je ne te laisserais pas ici non plus, Je t’emmènerai au-delà de ce ciel et de cette terre, en une terre très douce et un ciel qu’on ne peut imaginer ni se représenter : sa nature est de dilater l’âme dans la Joie. Et au sein de ce firmament, ce qui est jeune ne devient pas vieux, ce qui est nouveau ne devient pas ancien ; nulle chose ne se corrompt, ni se s’abîme, rien ne meurt, aucune personne éveillée ne s’endort parce que le sommeil est fait pour le repos et pour chasser la douleur ; et dans ce lieu il n’y a ni souffrance ni chagrin. Et si tu ne le crois pas, réfléchis un instant : comment cette goutte de sperme aurait-elle pu te croire si tu lui avais dit que Dieu a créé un monde en dehors de ce monde de ténèbres, un monde où il y a un ciel, un soleil, un clair de lune, des provinces, des villes, des villages, des jardins ; où il existe des créatures parmi lesquelles il y a des rois, des riches, des gens en bonne santé, des malades, des aveugles ?
Maintenant, crains, ô goutte de sperme ! Lorsque tu sortiras de cette demeure ténébreuse, à quelle catégorie appartiendras-tu ?
Aucune imagination et aucune intelligence ne pourraient croire à cette histoire : qu’il existe en dehors de ces ténèbres et de cette nourriture du sang un autre monde et une autre nourriture. Or, bien que cette goutte ignorât et niât une telle possibilité, elle n’a pas pu pourtant éviter de sortir, car on l’a amenée de force au-dehors…
Alors tu te trouveras en dehors de ce monde pareil au sein maternel : tu quitteras cette terre pour pénétrer dans une vaste étendue, sachant que la parole « la terre de Dieu est vaste » désigne cette ample région où sont arrivés les saints. » (Rûmi)

Debout, amis, partons, Il est temps de quitter ce monde
Le tambour résonne du ciel, voici qu’il nous appelle
Vois : le chamelier s’est levé, il a préparé la caravane
et veut s’en aller.
O voyageurs, pourquoi dormir ?
Devant nous, derrière nous, s’élèvent le tintement des clochettes,
Le tumulte du départ
A chaque instant, une âme, un esprit s’envole,
là où n’est plus de lieu.
De ces lumières stellaires, de ces voûtes bleues du ciel,
sont apparues des figures mystérieuses, que révèlent
des choses secrètes.
Un lourd sommeil est tombé sur toi des sphères tournoyantes :
Prend garde à cette vie si légère, méfie-toi de ce sommeil si lourd
Ame, cherche le Bien-Aimé, ami, cherche l’Ami
O veilleur, sois sur tes gardes : il ne sied pas au veilleur
de dormir.


(Rûmi)


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Publié dans : - L'Au-delà (2), â–  LE VOYAGE SANS RETOUR |le 23 décembre, 2006 |3 Commentaires »

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3 Commentaires Commenter.

  1. le 20 juillet, 2007 à 23:09 troisdeuxblogs écrit:

    bonsoir

    ton blog est très enrichissan. Il nous insite à la reflexion…
    je te souhaite une bonne soirée

  2. le 20 juillet, 2007 à 23:11 troisdeuxblogs écrit:

    pardon de revenir mais le enrichissant sans le  » T  » dans mon commentaire précédent me chiffonne…
    occasion d’avoir eu l’occasion de mettre les points sur les I et les barres sur les T comme on dit

  3. le 21 juillet, 2007 à 9:43 aminour écrit:

    Bonjour,

    Merci pour votre passage et votre soutien. Pas de problème pour le « T » ; si vous êtes chiffonnée, je ne suis pas froissé.

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