Transmission

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La Tradition, étymologiquement, signifie transmission et n’a rien à voir avec certaines coutumes puisqu’elle désigne une transmission spirituelle, une

« participation aux réalités de l’ordre principiel, « participation » qui, en effet est précisément assurée par la Tradition sous toutes ses formes, puisque c’est là ce par quoi l’humanité est mise en rapport effectif et conscient avec ce qui lui est supérieur » (1) .

Cette source intemporelle qui se perpétue dans le temps et vient l’illuminer, constitue la Doctrine Sacrée.

La révélation prophétique, doctrine sous forme révélée, est un phénomène répétitif, vérifiable historiquement, venant de personnes parfaitement saines, d’une intégrité sans soupçon. Ce sont des hommes dans leur plus haute perfection physique, psychique et spirituel. C’est par eux qu’il nous est dispensé la nourriture solide. (2) Le message qu’ils transmettent, embarcation lumineuse vers Dieu l’Unique, nous enseigne comment œuvrer pour accomplir notre vocation.

La religion qui en est une application formelle est comme le rayon du soleil qui nous happe, ce « fil » qui nous remémore le lien du monde à Son Principe et nous relie à notre Créateur. C’est par elle et par la pratique des rites, véritables symboles agis, que se maintient une ouverture vers les réalités spirituelles qui ne sont pas une dimension abstraite et imaginaire mais notre ancrage au plus profond de la Vérité, notre seule Réalité. Elle ne peut être remplacée, rien ne peut la remplacer. (3)

D’origine non humaine, remontant donc plus haut et plus loin que l’humanité, elle n’est, ni une philosophie, ni une idéologie qu’on prendrait ou qu’on laisserait au gré de son penchant. Son symbolisme, totalement adapté à notre nature, est le seul moyen efficace pour désamorcer le mouvement centrifuge. C’est la pire des illusions de l’ego -et nos désirs illusoires ne sont que vent- de croire qu’on puisse s’en exempter. On ne peut être universels que par l’Un. Dieu a dit : « Il n’y a de prière qu’avec le cœur » (hadith) (4), mais c’est en se courbant et en se prosternant qu’on en retire le fruit. Un arbre ne pousse pas si on ne sème que l’amande du noyau.

Chaque nouvelle Révélation (5) est comme une nouvelle création qui redonne à une nature déchue sa dignité originelle. Au Paradis, l’homme contemplait Dieu dans son Unité et Sa Proximité ; par sa chute, il est devenu oublieux. La diversité des religions qui est la même Vérité providentiellement adaptée à la compréhension d’hommes différents en des temps et des lieux différents apporte une direction qui le fixe et l’élève dans la remémoration de sa patrie primordiale. Chaque Message divin est une réaffirmation de l’Unité, pur monothéisme, dont on s’éloigne par la perte du fil conducteur et qui opère une redressement, un rééquilibrage.


(1) « Aperçus sur l’initiation » de René Guénon.
(2) « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu » St Matthieu IV,4 et Deutéronome VIII,3. De même le Coran est « le festin de Dieu » selon un dit du Prophète Muhammad (saws).
(3) La Réalité est la Réalité ; notre incapacité à La concevoir ou notre prétention à La remettre en cause ne sauraient L’affecter. En parlant symboliquement du soleil et de la lune, Confucius disait : « Qui voudrait se couper de leur lumière n’affecterait nullement le soleil et la lune, il montrerait seulement qu’il ne connaît pas ses propres limites. » C’est l’erreur de celui qui voit le monde comme coupé de Dieu. C’est par cette pensée profane que la religion est rejetée, transformée en idéologie ou qu’elle prend l’aspect d’une vague religiosité sentimentale, à sa convenance, une pratique parallèle dissociée de l’existence.
(4) Un hadith est une parole rapportée du Prophète Muhammad (saws)
(5) 
La Prophétie est une des lumières de la Toute-puissance divine (al-’izza), close avec le sceau de l’Esprit de Sainteté (Rûh al-quds). Sa force est agissante par la Puissance de Dieu, sa vérité se répand avec splendeur. Sa manifestation extérieure (zhâhir) est confirmée par les actions de Dieu qui rompent le cours de la nature : son aspect caché (bâtin) est associé à la Révélation (al-wahy). Il est l’aspect non-manifesté de l’Esprit de Sainteté, la vérité du secret de l’Eternité, le fruit de la préexistence éternelle, la contemplation de la relation intelligible avec le Décret divin (manât ma’nâ al-qadar), le regard qui atteint le secret de l’Ordre divin (amr), et le lieu de la séparation entre l’éternité et la contingence. ( Muhyî al-Dîn ‘Abd al-Qâdir al-Jîlî)


Calligraphie haut de page : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux »


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Publié dans : â–  TRADITION ET RELIGION |le 22 novembre, 2006 |Pas de Commentaires »

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